• Quand j'oublie pourquoi je fais de la psycho.. Puis que l'espoir revient :)


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    Prisme du soir

    Avant, j'avais hâte de mes soirées. Elles ne me faisaient pas peur. Quand l'après-midi se finissait, quand le soir arrivait, une multitudes de nouvelles idées de dessins, de livre, d'histoire à raconter envahissaient mon esprit, et je n'avais pas peur de rester seule face à moi-même dans ces heures silencieuses et suspendues. Je pouvais lire, dessiner, inventer, rêvasser, regarder des anime, des films, explorer internet sans jamais sentir cette pression. Maintenant je ne sais plus rien faire de tout ça. Mon trait et mon imagination se sont envolés, mon intérêt des livres les a suivis, quoique récidiviste, les films ont disparus pour devenir des séries ; il n'y a plus de début ni de fin, d'émotion unique à faire durer, mais une multitudes d'images et de personnages infinis dans lesquels mon temps se précipite, sans plus de sens, jusqu'à jamais comme à demain. Je ne sais plus pourquoi je regarde ces choses. Il n'y a plus de morale, de message, plus d'idée ronde à faire passer ; juste d'autres vies, d'autres court, qui filent, filent entre nos doigts. Et l'écriture ? Cette étrangère. Je l'ai si longtemps éteinte, que je ne reconnais plus à travers elle.

    Je suis devenue mécanique, sans tout mes i. Imagination, intérêt, ivresse, illumination.

    Maintenant j'ai peur d'explorer, j'ai peur des gens, peur de leurs idées. Peur qu'ils aient raison, peur que ce soit foutu ; peur que ces combats soient vaincs puisque nous tournons en rond. Pris dans une boucle éternelle. Parce que peu importe les avancées que nous ferons, un jour nous retournerons peut-être même avant la case départ. Un acquis social n'est jamais acquis, c'est un combat perpétuel, que j'ose pourtant ne jamais être une illusion.

    J'ai peur de découvrir, parce que j'ai peur de ne pas aimer, de ne plus aimer. J'ai peur d'être blessée, déçue, j'ai peur de ne pas me retrouver, j'ai peur d'être énervée, pour ensuite trouver la cause de ces échecs en moi-même. Je ne suis plus si confiante.

    Je n'aime pas ce monde, j'en ai honte parfois. Je ne veux plus communiquer avec tous ces gens, qui me rappellent en permanence que si changement il y a, il est trop faible pour le percevoir. Je ne veux plus les voir heureux, tristes, déçus, écouter leur vie et leurs débris à travers ces posts et ces images, je ne veux plus connaître ces inconnus, je ne veux plus rien savoir de leur réalité reconstituée à travers le prisme des réseaux sociaux. Ce prisme de désirabilité sociale.

    Et je me perds dans ce prisme du soir, à travers lequel le monde est si noir, le temps comptés, les impératifs listés, le sommeil une perte, et ma vie de même.


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  • Documentaire sur la place des femmes sur youtube (et internet, et la société quoi), je le conseille à tous, elles mettent le doigt sur des points essentiels et des grands enjeux actuels. Si un jour j'ai le courage, ça serait un rêve de lancer une chaîne youtube sur les sujets qui me passionnent, en attendant un petit blog anonyme c'est bien aussi (on se comprend). Bisous à vous! Femmes, lancez-vous! <3 Et que l'espace public soit réapproprié.


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  • Enjoy <3 :)


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  • J'ai récemment finit les cinq tomes du Guide du voyageur galactique (ou H2G2) qui a largement influencé la culture geek/pop et l'univers SF depuis les années 80. Douglas Adam, l'auteur, est clairement pour moi,un génie. RIP. Cette trilogie est légère, entraînante, fait rêver et rire,.. ah, tellement rire. Sa manière d'écrire est ultra décalée et rafraichissante. Dans un univers aux multiples possibles, où la terre est détruite en 1 minute pour avoir eu le malheur de se trouver sur le tracé d'une future voie express intergalactique (qui au final ne sera jamais construite), où le seul terrien survivant se retrouve à devenir astrostoppeur avec son ami, où les probabilités et les coïncidences ne font qu'un, bref, un monde loufoque, pleins de mots bizarre, de choses insensées, où tout existe, tout nous paraît possible. Tout va à une vitesse absolue, tout se mélange dans l'espace et le temps, et surtout, rien n'a de sens. Mais au final, qui s'en soucie?

    Allons prendre un verre au Dernier Bar Avant la Fin du Monde, tant qu'on y est.

    J'ai adoré. Et j'ai été très, très triste de savoir que je ne pourrais plus jamais lire une autre de ces histoires folles.

    Ceci n'est pas forcément un extrait représentatif, mais c'est un extrait qui, vers 2h du matin, m'a fait sourire, puis rire, et j'étais bien.

     

    « _Tu sais, parfois les gens racontent des histoires qui sont censées être arrivées au meilleur ami du cousin de leur femme mais qui ont sans doute été en bonne partie inventée en cours de route.
    _Eh bien, mon histoire est une histoire de ce genre, sauf qu'elle est réellement arrivée, et la raison pour laquelle je sais qu'elle est réellement arrivée, c'est que la personne à qui elle est réellement arrivée, c'est moi.
    [...]
    _Bon, alors laisse-moi te donner l'idée générale. Je suis assis à table. À ma gauche, le journal. À ma droite, la tasse de café. Au milieu de la table, le paquet de biscuits.
    _Je le vois parfaitement.
    _Ce que tu ne vois pas, dit Arthur, parce que je ne l'ai pas encore mentionné, c'est le type déjà installé à la table. Il est assis en face de moi.
    _À quoi il ressemble ?
    _À un type parfaitement ordinaire. Mallette. Complet d'homme d'affaires. Bref, apparemment pas le genre de mec enclin à faire des trucs bizarres.
    _Ah, je vois. Et qu'a-t-il fait ?
    _Il a fait ceci : il s'est penché, a tendu la main par-dessus la table, a saisi le paquet de biscuits, l'a déchiré, en a pris un et...
    _Et quoi ?
    _ … et l'a mangé.
    _ Quoi ?! »
    Fenchurch le contempla, ahurie. « Dieu du ciel, et qu'as-tu fait ?
    _Eh bien, vu les circonstance, j'ai fait ce que tout Britannique digne de ce nom aurait fait à ma place. Je me suis sentie poussé... à l'ignorer.
    _Quoi ? Mais pourquoi ?
    _Eh bien, ce n'est pas le genre de comportement auquel on nous forme, n'est-ce pas ? J'ai eu beau me triturer les méninges, j'ai découvert qu'il n'y avait rien dans mon éducation, mon expérience, ou même mes instincts primitifs qui puisse me dicter comment réagir face à un individu, tranquillement assis en face de moi et qui, sans vergogne, vient simplement de me piquer un de mes biscuits.
    _Eh bien, tu aurais pu... je ne sais pas moi.. je dois avouer que moi non plus je ne suis pas sûre de savoir ce que j'aurais fait. Alors, que s'est-il passé ?
    _ J'ai vrillé furieusement mon regard sur la grille de mots croisés. Incapable de trouver une seule définition, j'ai bu une gorgée de mon café, mais il était trop chaud, j'étais donc acculé. Alors, n'écoutant que mon courage, j'ai pris un biscuit, en essayant de toutes mes forces de ne pas remarquer que le paquet était déjà mystérieusement ouvert...
    _ Mais tu as riposté, tout de même. Réagi avec fermeté.
    _ À ma façon, oui. J'ai mangé le biscuit. Je l'ai mangé de manière parfaitement visible et délibérée, afin qu'il n'ait aucun doute sur ce que je faisais. Moi, quand je mange un biscuit, ajouta Arthur, il le reste. Mangé.
    _Alors, qu'a-t-il fait ?
    _Il en a pris en autre. Véridique, insista Arthur, c'est exactement ce qui s'est passé. Il a pris un autre biscuit et il l'a mangé. Clair comme le jour. Aussi sûr que nous sommes assis là tous les deux. »
    Fenchurch gigota, mal à l'aise. Arthur poursuivit : « Et le problème, c'est que, n'ayant rien dit la toute première fois, je me trouvais, quelque part, encore plus coincé pour aborder le sujet la seconde. Que veux-tu dire ? « Excusez-moi, mais je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer, euh... » ça ne marche pas. Non, je l'ai ignoré avec, si c'était possible, encore plus de vigueur qu'auparavant.
    _Doux Jésus !
    _J'ai contemplé de nouveau les mots croisés, toujours sans parvenir à remplir la moindre case, alors, n'écoutant que mon courage, j'ai décidé de faire comme Hamlet.
    _C'est à dire ?
    _J'ai décidé de craner. J'ai pris un deuxième biscuit. Et durant un instant nos regards se sont croisés.
    _Comme ceci ?
    _Oui, enfin, non, pas tout à fait comme ça. Mais ils se sont croisés. Rien qu'un instant. Puis nous avons l'un et l'autre détourné les yeux. Mais je peux te garantir qu'il y avait de l'électricité dans l'air. Et même, ajouta Arthur, une certaine tension qui montait autour de la table. À ce moment-là.
    _J'imagine.
    _On a fini tout le paquet comme ça. Lui, moi, lui, moi...
    _Tout, le paquet ?
    _Enfin, ce n'était jamais que huit biscuits, mais sur le coup, ça m'a paru une éternité pâtissière. Même des gladiateurs n'ont pas dû connaître pire.
    _Des gladiateurs, remarqua Fenchurch, auraient dû subir l'épreuve en plein soleil. Encore plus éprouvant physiquement.
    _Certes. Bon. Quand le paquet vide n'a plus été qu'une carcasse inerte gisant entre nous, l'homme s'est levé enfin, son forfait accompli, et il est parti. J'ai poussé un soupir de soulagement, tu penses bien. Coup de bol, mon train était annoncé d'ici à quelques minutes. J'ai donc fini mon café, me suis levé, j'ai pris le journal et sous le journal...
    _Oui ?
    _Il y avait -mes- biscuits.
    _Hein ? dit Fenchurch. Quoi ?!
    _ Véridique.
    _Non ! » Elle s'étrangla et se renversa dans l'herbe, prise de fou rire.
    Elle se rassit.
    « T'es complètement givré, s'esclaffa-t-elle. T'es vraiment un crétin presque fini. »

    -H2G2, Douglas Adam


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