• "L'ennui est bien la lassitude du monde, le malaise de se sentir vivre, la fatigue d'avoir vécu [..]. Mais plus que tout cela, l'ennui c'est aussi la lassitude d'autres mondes, qu'ils existent ou non; le malaise de devoir vivre, même en étant un autre, même d'une autre manière, même dans un autre monde."
    -Fernando Pessoa

    L'ennui


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  • Quand j'oublie pourquoi je fais de la psycho.. Puis que l'espoir revient :)


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    Prisme du soir

    Avant, j'avais hâte de mes soirées. Elles ne me faisaient pas peur. Quand l'après-midi se finissait, quand le soir arrivait, une multitudes de nouvelles idées de dessins, de livre, d'histoire à raconter envahissaient mon esprit, et je n'avais pas peur de rester seule face à moi-même dans ces heures silencieuses et suspendues. Je pouvais lire, dessiner, inventer, rêvasser, regarder des anime, des films, explorer internet sans jamais sentir cette pression. Maintenant je ne sais plus rien faire de tout ça. Mon trait et mon imagination se sont envolés, mon intérêt des livres les a suivis, quoique récidiviste, les films ont disparus pour devenir des séries ; il n'y a plus de début ni de fin, d'émotion unique à faire durer, mais une multitudes d'images et de personnages infinis dans lesquels mon temps se précipite, sans plus de sens, jusqu'à jamais comme à demain. Je ne sais plus pourquoi je regarde ces choses. Il n'y a plus de morale, de message, plus d'idée ronde à faire passer ; juste d'autres vies, d'autres court, qui filent, filent entre nos doigts. Et l'écriture ? Cette étrangère. Je l'ai si longtemps éteinte, que je ne reconnais plus à travers elle.

    Je suis devenue mécanique, sans tout mes i. Imagination, intérêt, ivresse, illumination.

    Maintenant j'ai peur d'explorer, j'ai peur des gens, peur de leurs idées. Peur qu'ils aient raison, peur que ce soit foutu ; peur que ces combats soient vaincs puisque nous tournons en rond. Pris dans une boucle éternelle. Parce que peu importe les avancées que nous ferons, un jour nous retournerons peut-être même avant la case départ. Un acquis social n'est jamais acquis, c'est un combat perpétuel, que j'ose pourtant ne jamais être une illusion.

    J'ai peur de découvrir, parce que j'ai peur de ne pas aimer, de ne plus aimer. J'ai peur d'être blessée, déçue, j'ai peur de ne pas me retrouver, j'ai peur d'être énervée, pour ensuite trouver la cause de ces échecs en moi-même. Je ne suis plus si confiante.

    Je n'aime pas ce monde, j'en ai honte parfois. Je ne veux plus communiquer avec tous ces gens, qui me rappellent en permanence que si changement il y a, il est trop faible pour le percevoir. Je ne veux plus les voir heureux, tristes, déçus, écouter leur vie et leurs débris à travers ces posts et ces images, je ne veux plus connaître ces inconnus, je ne veux plus rien savoir de leur réalité reconstituée à travers le prisme des réseaux sociaux. Ce prisme de désirabilité sociale.

    Et je me perds dans ce prisme du soir, à travers lequel le monde est si noir, le temps comptés, les impératifs listés, le sommeil une perte, et ma vie de même.


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  • Documentaire sur la place des femmes sur youtube (et internet, et la société quoi), je le conseille à tous, elles mettent le doigt sur des points essentiels et des grands enjeux actuels. Si un jour j'ai le courage, ça serait un rêve de lancer une chaîne youtube sur les sujets qui me passionnent, en attendant un petit blog anonyme c'est bien aussi (on se comprend). Bisous à vous! Femmes, lancez-vous! <3 Et que l'espace public soit réapproprié.


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