• Coups de gueule

    "Ma colère est ma manière de souffrir, mais avec dignité."

     

  • Qui est l'enfumé?

     

    Je suis le type de personne qui fume, parce que je suis le type personne qui a besoin de prendre du temps pour soi, si elle ne veux pas exploser. Je suis le type de personne qui fume, parce que je suis le type de personne qui assume ses idées, et qui pourrait mourir pour elles. Je suis quelqu'un qui fume, parce que je suis nostalgique. Je suis quelqu'un qui fume, parce que j'aime le danger, mais aussi parce que j'aime le confort. Je suis quelqu'un qui fume, parce que je suis quelqu'un de sociable. Je suis quelqu'un qui fume, parce que je suis solitaire. Je suis quelqu'un qui fume, parce que j'aime l'aventure, et l'odeur de la fumée. Je suis quelqu'un qui fume, parce que j'ai besoin de chaleur. Je suis quelqu'un qui fume, parce que j'ai trop souvent besoin de m'exprimer sans trouver mes mots. Je suis quelqu'un qui fume, parce que je suis quelqu'un de frustré. Je suis quelqu'un qui fume, parce que j'ai besoin d'un appuis stable, de quelque chose qui soit toujours là et qui fasses toujours du bien peut-importe les circonstances -et dieu sait comme c'est rare!-, j'ai besoin d'un truc à moi. Il y a tellement de raisons de faire les choix que l'on fait. Et les voilà, eux. Tout ces gens à la frontière de la discrimination mais qui serait pourtant dans le juste, leurs regards outrés ou énervés, leurs petites remarques ou moqueries, leur « ah dégueu ça pue la clope maintenant » alors que je me décale exprès (et les odeurs d’égouts tout le monde plisse le nez et ferme sa gueule?), alors que leur bouffe leur donnera un cancer pareil. Être un peu incommodé par le comportement d'un individus justifie-t-il de le juger ouvertement, de se permettre des commentaires sous prétexte que l'avis général le « condamne » ? Mais tu sais, l'avis général a aussi condamné les noirs, les handicapés, les juifs ou les homos, et y avaient des études scientifiques qui prouvaient tout ça, des « faits réels ». Tu te crois intelligent ? L'avis général veut apparemment une vie saine, mais traite de bobos les consommateurs de bio. L'avis général veut une vie saine, mais vit dans des villes tellement polluées que la plupart en sont malades les premiers jours. L'avis général veut une vie saine, mais le diabète et les maladies cardio-vasculaires augmentent en flèche juste après les cancers, et qui sont eux loin d'être majoritairement du poumon. Alors autant choisir le mien. Tu crois pas que y a assez de contradictions comme ça ? Et c'est quoi qui justifierai ton comportement ? Parce que tu sais, les premières utilisation du tabacs étaient médicales, alors oui c'est sûr ça « peut » donner le cancer, mais chaque produit industriel que t'achètes aujourd'hui si t'en prend 3 à 30 fois par jours pendant 20 ans finirait par te tuer. Mais non, l'avis général condamne ce qu'il veut, car l'on sait à quel point l'avis général à toujours fait les bons choix, a toujours été le plus sage. Mais laissez les gens vivre en paix bon dieu. Tu crois que la fumée d'une pauvre cigarette est plus nocive qu'un pot d'échappement ? Tu en respire tous les jours sans capter que si tu le respirais d'aussi près que moi ma clope tu mourrais en dix minutes alors que moi ça prendrai des décennies. Mais non, tu te permets de juger, de dire que la fumée d'un fumeur est plus égoïste et condamnable. Mais chacun fait comme il peut. Si tu veux des études scientifiques sur ce qui est vraiment nocif dans ton environnement, tu serais bien surpris. Tu te sens agressé dans ton petit confort, alors tu te permet de juger ? « Bah, dégueulasse la cigarette. Moi, franchement je ferais jamais ça, c'est complètement débile et ça sert à rien. Ouais, c'est juste gâcher de l'argent, hein, moi au moins je l'utiliserais à autre chose. Moi chuis pas si conne. Si vous avez choisis de mourir, ok mais loin de moi. » Mais allez vous faire foutre, faites pas comme si les français étaient pas les premiers consommateurs d'anti-dépresseurs, le stress et la douleur vient bien de quelque part et c'est pas nous qui sommes à condamné, vous vous croyez intelligents à dire ça mais vous savez tellement rien du bien que ça peut foutre dans le ventre et dans le cerveau en quelques taffs seulement, comment ça peut détendre et permettre de mieux respirer l'espace d'un instant, comment ça peut aider des gens. Bien sûr, faut pas tomber dans l'excès, mais quand l'excès n'est-il pas mauvais ? Et chacun tient, à sa façon. Mais toi, oui, toi tu te permets de juger ça, parce que t'as décidé que tu pouvais. C'est quoi tout ces gens qui prennent des décisions pour les autres, qui choisissent de ce qui est mauvais de ce qui ne l'est pas ? N'est-ce pas l'affaire des fumeurs de s'occuper de ce qui les concerne, qui pour l'énorme majorité sont saint d'esprit, majeurs et vaccinés ? Parce que crois moi, c'est pas la fumée passive que t'absorberais possiblement qui te fait peur, c'est juste ton inconfort légitimé par la doxa que tu te permet d'exprimer. Pour le peu que je fume, je l'ai toujours fait discrètement et silencieusement, mais aujourd’hui leurs réactions m'ont parue un nouveau racisme. Propre et simplement. Plus justifié, plus nuancé peut-être. Mais dénigrer, marquer son dédain envers un groupe par rapport à l'une de ses particularités, c'est officiellement discriminer. C'était une clope allumée dans la rue un soir alors que je l'attendais depuis 5 jours et 8 remarques de pincées à légères de la part de ces gens avec qui j'avais passé les derniers jours. Mais qui, qui vous a permis de vous croire supérieur, de croire que ce que vous faites est justifiable ? Les campagnes de dissuasion ont dit attention face à la mode, alors vous prenez la responsabilité de répandre la bonne parole, votre vérité afin d'aider les autres ? Mais laissez nous vivre et crever s'il faut comme on veut. Vous crèverez sûrement d'un cancer de toute façon, si vous vivez assez longtemps, alors que moi peut-être j'irais encore bien, parce que j'aurais vécu tranquillement en écoutant mes besoins. J'aurais vécu, comme j'ai pu. J'aurais aidé autours de moi, du mieux que j'ai pu. Je n'aurais pas jugé. Et toi ?

     


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  • Pression, dépression

     

    Pourquoi vouloir justifier la création d'un système capable de tuer ceux qui essaient d'y entrer ? Pourquoi ? Alors que dans d'autres pays, tout marche très bien sans passer par là. Mais les docteurs français sont réputés pour être les meilleurs, me dis-tu, et que c'est juste un système parmi tant d'autres. Alors oui, peut-être qu'en France il n'y a « que les meilleurs » et que dans les autres pays il y a de tout. Mais les excellents médecins d'autres pays sont quand même là, même si c'est vrai qu'ils sont entourés de moins bons. Et alors ? N'est-ce pas comme ça dans tout ? N'est-ce pas normal, qu'il y ai des meilleurs et des moins bons ? A-t-on besoin, dis moi, a-t-on besoin de passer à travers ça pour être un bon médecin ? Est-ce qu'on a vraiment besoin de donner autant d'années de sa vie (parce que donné, c'est donné) pour rester assis toute la journée en distribuant des ordonnances ? N'est-ce pas évident que quelqu'un qui créer un système qui pousse des gens à se suicider est condamnable ? « Oui mais c'est pas la faute au système, c'est leur faute à eux ». Ben tiens, mais enfin bien sûr ! Tout le monde le sais. La prochaine fois qu'un de tes proches se suicide appelle-moi, et dis moi que c'était sa faute aussi, il avait pas qu'à. Et le gars qui voulait juste devenir médecin il fait quoi ? « Il va dans un autre pays ou.. ben il le fait pas. » Vas-y répètes encore ? T'as conscience à quel point ça tient pas debout, à quel point c'est pas réaliste ? Et si c'est son rêve, et s'il est doué pour ça, soigner les gens, et qu'il a juste pas une capacité hors norme de mémoire, il a juste qu'à abandonner, ou crever en silence ? Parce que c'est ça mon gars, c'est juste être capable d'apprendre par cœur des tonnes d'informations en le moins de temps possible, d'être capable de suivre un rythme effréné sans jamais lâcher, d'être capable de comprendre le maximum de choses le plus vite possible, de tenir sous la pression, sous l'humiliation. Est-ce que c'est vraiment ça, le prix à payer pour soigner quelqu'un ? Tout ça parce que notre système éducatif n'est pas du tout basé sur le manuel, mais le sois-disant intelect. Quelqu'un plus doué avec les mains qu'avec sa tête est donc con ? Les hommes, par définitions, sont plus manuels que les femmes (et ces dernières sont plus basées sur l'intellect). S'il y a plus de femmes dans le système éducatif qui réussissent, c'est pas que les hommes sont cons non, c'est que notre système n'est pas égal. Mais bordel, les torturé deviennent tortionnaire, ceux qui ont souffert font souffrir, on le sait : et c'est ça qui ferait un « bon médecins » ? Avoir des capacités « hors normes » ? Je crois pas, non. C'est comme l'histoire du roi incapable de choisir et de diriger son peuple car il ne connais rien de leur monde, car il est riche et ils sont pauvres. Je crois que ce qui fait un bon médecin c'est quelqu'un qui connais son domaine, oui, mais qui est avant tout humain, dans la norme (mais avec la pratique) pour pouvoir aider la norme, quelqu'un qui est passionné et qui aime son métier. Et on en manque, bordel, de médecins, on en manque ! Vous croyez pas que donner la possibilité aux gens de faire ce qu'ils veulent, c'est l'essentiel ? Faire en sorte que le maximum de gens (motivés!) y arrivent ? N'est-ce pas le principe d'apprendre ? A mais non, ici on s'en fou d'apprendre, tout ce qu'on veut c'est l'excellence. C'est comme en tout : les plus forts réussissent et les plus nuls échouent. Mais je suis la preuve vivante que c'est faux ! J'ai été l'excellente, j'ai été capable de retenir trois pages en les lisant deux trois fois, j'ai été celle à qui l'on a dit « mais si c'est pas les gens comme toi qui réussissent, c'est qui ? » ; et pourtant je me suis retrouvée dans un système qui m'a fait échouer. Devant des profs qui ne croyaient pas en moi, devant un emploi du temps trop chargé, devant une pression capable de de détruire un intestin. T'as vus tout ces cachets que je prends, pour tenir ? Tu crois que c'est ça la solution ? Je suis aussi l'exemple contraire, quand tu vois mes capacités qui on toujours été moyennes en math, qui ont soudain décollé pour le temps que j'y ai mis et un professeur formidable qui a tout changé ? Mais tu sais, y a tellement d'expériences, qui on été faites ! L'histoire du même professeur face à de classes aux même moyennes général, dont on lui dit que l'une est excellente, et l'autre irrécupérable : que sont-elles devenues à la fin de l'année ? L'une excellente, et l'autre irrécupérable. Dans des écoles de maths, sur la même proportion de filles et de garçon, sur deux classes semblables, on dit à l'une (en distribuant un contrôle), que les filles ont souvent des moins bonnes notes que les garçons à ce test, et à l'autre rien : la deuxième a eu une moyenne de 13 pour les garçon et 12,8 pour les filles, et la deuxième 16 pour les garçon et 7 pour les filles. Résultats ? Dire a quelqu'un qu'il va réussir le fait se surpasser, dire à quelqu'un qu'il va échouer le rend incapable. Et tu crois toujours que c'est en mettant la pression à quelqu'un qu'il va réussir, tu crois toujours que c'est en l'humiliant que tu fais de lui quelqu'un de meilleur ? Mais c'est un mythe, ça mon gars, un mythe. Et s'il y en a qui s'en sortent, c'est tant mieux pour eux, mais la vie c'est pas fait pour une minorité. On naît déjà pas physiquement, intellectuellement et biologiquement égal alors s'il te plaît, laisse les rêves à la majorité. On peut se permettre de mettre la pression avec nous quand ça nous concerne, un prof de lycée à l'arrivé du bac peut se le permettre (il a suivis ses élèves, il est aussi surveillé par le directeur pour sa capacité à les préparer,...), mais un prof de prépa ou de fac ? Est-ce qu'il en a quelque chose a faire, de si ses élèves réussiront, de ce qu'ils feront ? Bien sûr qu'il veulent y arriver et qu'il sont prêt à donner pour ça, sinon il ne seraient pas là. Alors que te faut-il de plus ? Tu as tout ce dont un prof de collège rêverait : des élèves motivés. Mais non, il faut leur dire qu'il n'y arriveront pas, que c'est jamais assez, il faut les décourager avec une charge inhumaine de boulot (parce que oui, le cerveau et le corps de l'humain ne sont pas fait pour un tel surmenage, juste va voir la fréquence des burns-out et réfléchis), il faut les stresser (ah, tiens, mais c'est pas ça, le truc qui réduit la capacité à réfléchir et analyser des gens, là?), il faut leur dire que c'est nul. Oui, il y en a qui réussissent sans séquelles, oui. Et ? C'est ça, le point ? Mais c'est pas possible, cette mentalité, AUCUN système ne justifierai que l'on pousse des gens à l'échec au point du suicide ou de l'abandon de toute ambition (parce que mon prof de math, moi, ce petit génie que toutes les meilleures écoles s’arrachaient, ça fait bientôt 20 ans qu'il a craqué, explosé, et il reprendra jamais plus : trop c'est trop. Qui sait ce qu'il aurait pu inventer, découvrir ?), et personne de devrait avoir le droit de dire « qu'il faut bien ça. » « Oui, mais c'est normal. C'est obligé. C'est comme ça ». Mais qui es-tu pour dire ça ? C'est quoi cette idée malsaine de vouloir justifier toutes les choses dures par la fatalité, c'est quoi cette réponse si facile au sacrifice ? Ne sais-tu pas que c'est une des plus grandes techniques de propagande, faire accepter une mesure difficile en disant « oui, c'est difficile, ça peut être injuste, mais il le faut. » Mais non, il le faut pas ! Y a des gens payés pour réfléchir à ce genre de problèmes, y a des gens qui peuvent aider ce genre de choses, à commencé par toi.

     


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